vendredi 22 mars 2013

Appétit sur Chypre : Risques Stratégiques Européens (révisé le 29 / 11 / 2015)



Le refus du parlement Chypriote de voter les taxes sur les dépôts bancaires a mis à nu un nouvel aspect de la crise Européenne.


C'est à la fois instructif et inquiétant, pas seulement pour la France, ni pour l'Europe, mais pour une bonne partie de ce qu'il était autrefois convenu d'appeler le Vieux Continent.


Pour améliorer les affaire de son pays, le Premier Ministre Chypriote n'est allé ni à Bruxelles, ni à Berlin, mais à Moscou. 


Cela n'a pas semblé émouvoir qui que ce soit dans notre délicieuse sphère médiatique ni dans la très bizarre sphère des dirigeants Européens.


Simple citoyen lambda, je crains sérieusement que, de maladresses catastrophiques en outrances multiples, nous nous trouvions très rapidement dans une situation bien désagréable.



Rappels de Géographie politique


Quoiqu'en pensent les dirigeants Turcs, Chypre est une terre où la manière de penser les problèmes est Grecque (78 % de la population de l'île). 

Ce qui signifie, entre autre, que la notion d'Etat et de légalité sont encore loin de faire partie de la pensée courante (c'est un héritage complexe de la colonisation Turque, mais, pour faire simple, payer les impôts revenait à enrichir le colonisateur). 


Nos édiles Européens avaient bizarrement accepté la candidature de la Grèce à la Zone Euro malgré ses finances en berne et ses énormes faiblesses (parfaitement connexes) au plan des administrations fiscales (inexistantes). 

Des choses que nos profs d'Histoire et Géographie enseignaient parfaitement en lycée à leurs élèves. 



Le pays de Socrate et de Platon était au bout du rouleau bien avant que le scandale de la dette ne nous soit raconté par le menu.



Les mesures drastiques imposées à ce pays par Bruxelles n'ont pas touché les responsables des problèmes - Goldman Sachs, qui avait maquillé les comptes, étant une banque US et les oligarques, qui se disaient pourtant Grecs, n'ayant en réalité pas de patrie - mais uniquement les classes moyennes et populaires, déjà touchées par le chômage.

La Grèce, même si elle avait souffert d'une classe politique exceptionnellement calamiteuse, a ressenti (et ressent encore) cela comme injuste et a développé un puissant rejet de l'Europe de Bruxelles. 



Dans le même temps, le paradis fiscal Chypriote avait attiré d'importants transferts financiers venus de sociétés Russes. 

Mais la crise a joué son rôle et Chypre a justement vécu un effondrement financier dramatique.



Lorsque l'Europe Bruxelloise, poussée par la Chancelière Allemande, a voulu sortir de ce problème, e
lle a décidé de taper dans les avoirs de ces sociétés, ce qui revenait essentiellement à récupérer de l'argent Russe, s'est-elle vraiment rendue compte de ce qu'elle faisait ? 

Je me permets humblement dans douter.


Le résultat, c'est que la Grèce et Chypre sont deux pays qui en veulent vraiment à l'Europe de Bruxelles. 

Mais maintenant, la puissance Russe, énergétique autant que militaire, semble se trouver à leurs côtés. 


Ces trois pays ont gardé en commun les mêmes griefs particulièrement forts à l'égard de l'Allemagne depuis 1941 (les Chypriotes par solidarité avec les Grecs). 


On peut les comprendre...



L'accès aux mers chaudes




Pourtant, imaginons une seconde que Chypre deviennent un territoire protégé de la Russie. 

Bien sûr cela ne concernerait au départ que des aspects financiers. 

Même dans ce cas, Chypre ne serait plus du tout Européenne (au sens de l'UE comme de l'Euro).


La Russie y trouverait l'avantage stratégique qu'elle recherche depuis Pierre Le Grand : Le fameux accès permanent aux mers chaudes.


(Rappel : 


La Russie est un pays Nordique, le plus Arctique même qui soit. 

En conséquence, les navires Russes, déjà éloignés des lignes maritimes traditionnelles, ont beaucoup de difficultés à sortir ou entrer dans leurs propres ports pendant la période hivernale. 


L'accès aux mers chaudes exige au moins un port libre de glace en toute saison. 


Depuis 1694, les Tsars, puis les dirigeants soviétiques et ensuite les présidents de la République Fédérative de Russie ont toujours tendu vers cet accès.)




La Grèce resterait-elle Européenne dans un tel cas ? Rien n'est moins sûr.


Si les choses en restaient là, il n'y aurait pourtant pas de quoi s'en inquiéter sérieusement, la Russie n'étant pas - à mon avis du moins - une puissance menaçante à notre égard.


Cependant, Chypre n'est pas seulement un état de langue Grecque, c'est aussi une île dont une partie non négligeable, la moitié Nord est, inacceptablement, sous colonisation Turque (les occupants Turcophones ne sont que 18% de la population totale). 


L'éventuelle arrivée de la Russie dans cette île changerait complètement la donne de l'occupation Turque. 


Mais cela changerait probablement aussi la donne en Grèce.





Chypre sur Wikipedia



Comme si cela ne suffisait pas, deux bases britanniques sont situées dans la partie Grecque, la plus grande à l'Est et l'autre au Sud.

Les Britannique et les Russes ont un long passé de confrontation houleuses, pourtant, mon inquiétude ne vient pas de là, même si j'ai du mal à imaginer des bases Russes et des bases Britanniques installées côte à côtes.



Géographiquement, par sa situation toute proche de la Turquie, de la Syrie, du Liban, d'Israël et de l'Egypte, Chypre occupe une place stratégique idéale.




Un potentiel de crise


La Turquie, la Syrie, Israël et l'Egypte sont par construction vivement intéressées par qui détient le pouvoir à Chypre.

Si la Russie y devient importante, la donne est complètement changée dans cette région, et cela, juste à la sortie du Canal de Suez.


Dans le même temps, la Turquie a changé, en partie à cause de l'arrivée au pouvoir de Mr Erdogan et de son parti "non laïque", qui tendent à éliminer l'héritage stupéfiant d'intelligence et de laïcité de l'immense Kémal Atatürck


Ce grand pays a, pour l'instant, une économie dynamique, une armée puissante et surtout des ambitions considérables. 



Si la Turquie et la Russie se contrariaient mutuellement, cela pourrait avoir de graves conséquences pour tout ceux qui vivent autour de la Méditerranée. 

Espérons donc que personne n'y trouve son intérêt...










jeudi 14 mars 2013

La France ne peut pas se passer d'une Armée forte (Mis à jour le 19 / 07 / 2017)

Cet article fut écrit en mars 2013. 

En ce mois de Juillet 2017, je constate qu'il n'a rien perdu de son actualité. 

Je persiste donc et je signe ! J'aurais aimé ne pas avoir à le faire.



L'équilibre budgétaire est nécessaire mais pas au prix d'absurdités


Nous vivons une sale période. 

Ne dépenser que ce que l'on gagne vraiment fut la règle au début de la V ème République. 

Nous pouvions même nous enrichir en prêtant à d'autre pays...

Cela fait plus de 30 ans que nous avons abandonné ces rivages qui, maintenant, paraissent dorés. 


Le Mercredi 13 Mars 2013, la commission de la Défense Nationale du Sénat a voulu alerter la presse sur les risques qui pesaient sur notre Armée au niveau de son financement.

Cela fut relayé le jour même par Jean Guisnel (Le Point) et Jean-Marc Tanguy (le mamouth).


N'étant pas dans le secret des Dieux, je ne sais pas si l'hypothèse, dite Z, qui a été présentée, est sérieuse ou s'il s'agit seulement d'un moyen de pression sur les divers acteurs en présence.



Toujours est-il que les hypothèses agitées (arrêt du Rafale, vente du PA Charles De Gaulle, réduction drastique de tous les moyens humains et matériels) par les gens du Ministère du Budget et des Finances relèvent - pour moi, simple citoyen - des pires actions possibles contre notre Nation.


Les gens de Bercy sont souvent brillants intellectuellement, mais leur scénario actuel déboucherait sur un chaos tel que notre pays ne s'en relèverait jamais. 


En ce 19 Juillet 2017, le Général Pierre de Villiers a démissionné, victime des technocrates de Bercy. 
Parce que le Canard Enchaîné, journal anarchiste,qui a donc vocation à la désintégration de l'Etat, éructe sur des "affaires" de très petite ampleur, donc sans aucun intérêt pour les citoyens, notre défense est attaquée de l'intérieur. Dans le même moment, certains technocrates hyper favorisés ont détourné des milliards d'euros. Bercy les laisse tranquilles.

C'est sidérant.




Des conséquences industrielles, économiques, sociales et politiques incalculables


Il n'est pas besoin d'être grand clerc pour comprendre que le chômage augmenterait très brutalement.


Les militaires seraient jetés à la rue (ce qui commence déjà ).

Bien sûr, privés de marchés nationaux, nos industries de pointes s'effondreraient définitivement. 


Ce qui ferait tout à fait plaisir aux industriels Américains, Britanniques, Israéliens, Russes et Chinois qui rafleraient les bribes de marchés que nous avions pu conserver jusqu'à maintenant. 

Un enfant de 4 ans le comprendrait sans aucun doute (comme n'aurait pas manqué de le dire Groucho Marx). 

Mais peut-être que nos technocrates de Bercy, arrogants et sûrs de leur intelligence, ne sont pas aptes à sortir de leur tour d'ivoire bien protégée


Nous serions alors obligés d'acheter nos armes à des pays vendeurs qui nous les vendraient à leurs conditions de prix et d'emploi. 


Dans les années 60, le gouvernement travailliste de Mr Harold Wilson, en bloquant le bombardier nucléaire BAC TSR2, détruisit ainsi la part inventive de l'industrie aéronautique Britannique, l'inféodant définitivement aux USA.


D'un autre côté, l'unité de notre pays serait brisée car l'Armée Française fait partie intégrante de l'âme de notre pays. 



Autrement dit, notre indépendance n'existerait plus du tout.


L'hypothèse Z, si je l'ai bien comprise, revenait à transformer notre armée en une grande gendarmerie territoriale sans guère de moyen.

OK, une candidate à l'élection présidentielle de 2007, venue du pays des bisounours (où, un franc-tireur fit la démonstration qu'il pouvait tirer sur des gamins pendant 
2 heures sans être interrompu).

Elle qui voulait déjà supprimer la parade militaire du 14 Juillet, eut été satisfaite.


Pour les autres, il ne serait dès lors plus question de s'indigner, mais de résister.




Faire plus de guerres sans budget de défense ? De qui se moque-t-on ?



Le 18 Septembre 2014, notre pays a impliqué son Armée en Irak pour lutter contre celui qui s'autoproclame Etat Islamique. 

Lorsque l'on voit les images de la haine, du racisme et de l'intolérance que cet état exprime face à des Irakiens qui ne partagent pas les mêmes visions religieuses, il est évident que notre cœur se serre et que nous pensons irrésistiblement aux méfaits nazis.


Le problème n'est donc pas là.

Il réside dans le fait que notre Armée a vu ses moyens se réduire drastiquement depuis quelques années et qu'on l'engage partout, ce qui correspond à une usure considérable du matériel, de quelque nature que soit ce matériel.

Nous ne sommes pas et nous ne serons jamais aussi riches que les USA dont la responsabilité dans l'actuelle situation Irakienne est plus qu'écrasante (destruction de l'état Irakien et chasse aux militaires de Saddam Hussein).

Le problème est aussi que pour faire la guerre, il faut des alliés.


La guerre contre le terrorisme Islamique (dont on a du mal à imaginer que ses auteurs aient vraiment lu le Coran) devrait impliquer beaucoup de grand pays qui en souffrent aussi : 


  • L'Inde, face à certains élément Pakistanais, 
  • la Russie, face au terrorisme Caucasien, 
  • la Chine, face à certains élément Ouighours.


Certains pays pratiquent à notre égard un double discours. Il faudrait savoir s'ils sont de notre côté ou pas.


Encore faut-il savoir hiérarchiser les menaces !  

Le Royaume "marxiste" de Corée du Nord est certes une dictature où le peuple souffre énormément. 

Pour autant, il n'y a aucune preuve qu'il mette notre pays en danger. 


Notre pays (mais d'autres aussi) est menacé de mille façons, pendant que certains hauts responsables s'amusent à nous jouer de petites comédies politiciennes.


Je me demande même si la capacité de discrimination entre vrais et faux alliés - comme entre vrais et faux ennemis - existe encore au plus haut niveau de notre Etat.