dimanche 14 septembre 2014

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Ce blog, parce qu'il est essentiellement thématique, ne constitue pas une série de réflexions qui suivraient une chronologie au jour le jour comme la plupart des autres blogs.

Lorsque cela m'est possible, j'essaye d'affiner chacune de mes interventions.

En conséquence, et pour faciliter votre consultation, voici les principales portes d'entrées vers les divers thèmes traités.


|---- La Guerre de 1914-1918 vue par un poilu inhabituel, 
|        mon grand-père Maternel, artiste peintre, rejeté du service 
|        militaire après un an sous les drapeaux. Malgré sa fragilité
|        supposée, il résista cependant à quatre années de guerre,
|        passa de l'artillerie de 75 à la Reconnaissance Aérienne
|        et joua un rôle décisif contre l'ennemi, une fois que ses 
|        compétences eurent été comprises et employées
|
|---- La mauvaise politique de l'Entre-Deux-Guerres : Elle fut
|        responsable, pour l'essentiel, de la défaite. Des crédits trop
|        parcimonieux pour l'Aviation mais trop généreux pour la Marine, 
|        le refus de voir l'évolution du Monde et des techniques,
|        la sacralisation de la routine et le clientélisme politique poussé        
|        au ridicule en furent les traits dominants.
|
|---- Notions et Techniques de l'Aéronautique, pour vous aider,  
|      si le besoin s'en fait sentir. Rien ne vous empêche
|
|---- Le Fait Aéronaval : Quand l'Aviation et la Marine se rejoignent...
|        Une alchimie qui commença un peu trop tard, mais qui a fini
|        par réussir, dès 1946.
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|        Un échec programmé de longue date : Analyse aussi
|        détaillée que possible des forces et faiblesses des Alliés.
|        Beaucoup de choix furent détestables et bien peu de travail        
|        avait préparé les chefs aux nouvelles conditions de guerre.
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|
|---- Les Aviations militaires de l'Axe en 1940 : Allemagne, Italie, Japon.
|        Chacune s'est lancée face à son ennemi emblématique :
|        Pour l'Allemagne, c'était la France, pour l'Italie, c'était le bolchevisme,
|        pour le Japon, c'était les Etats-Unis. 
|        Elles ont gagné les premières phases, mais c'était juste un leurre.
|        Ensuite, elles ont tout perdu, y compris l'honneur. 
|
|-----|-- L'Aviation Civile de l'Entre-Deux-Guerres : Elle a conditionné 
|      |    l'histoire de la Guerre, à la fois techniquement et financièrement. 
|      |    Les avions qui se vendaient faisaient tourner les usines et
|      |    permettaient d'investir pour créer un outil industriel efficace.
|      |     
|      |           
|      |-- Les Grands Raids et la concurrence des nations. Cela a défini
|      |      de nouvelles normes de construction, de navigation et de 
|      |      méthodologie.
|      |
|      |---- La Traversée de l'Atlantique Nord, immense enjeu 
|      |      technologique, économique et politique,.
|      |      en un mot : Stratégique.
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|
|---- L'Aviation du présent (ou du passé récent, voire du futur)
|      Tenter de comprendre le présent et d'imaginer l'avenir ne tue pas.
|      Parfois, certaines mauvaises habitudes remontent loin dans le passé.
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|
|---- Hommage et Souvenirs : Ce dont la France doit tirer la leçon
|
|---- Pourquoi ce Blog : Raison d'exister, conception, auteur
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Évaluations multiples du système anti-missile Dôme de Fer



J'ai déjà évoqué la problématique des systèmes anti-missiles. Il est temps d'en revoir les différentes implications.

Les résultats de l'Irone Dome 


La campagne militaire Protective Edge qu'Israël a déclenchée contre Gaza en représailles des bombardements du Hamas a été l'occasion d'une importante série de communication Israélienne sur les résultat du fameux système anti-missile Dôme de Fer.

Pendant les 50 jours de combats, le Hamas a tiré 4600 missiles. Le Dôme de Fer est réputé en avoir abattu 735, soit, arithmétiquement parlant, 16 %.

Cependant, le commandement de Tsahal revendique un taux d'interception de 90%, parce que les 9 batteries de missiles Tamir ne tirent que sur les missiles qui vont tomber sur des zones peuplées. 

De ce qui précède, on peut déjà tirer l'idée que 74 missiles correctement orientés sont tombés sur des zones sensibles d'Israël.

On peut absolument comprendre que le système Israélien ne soit tiré que parcimonieusement, vu le prix d'un Tamir (de 50 000 à 62 000 $ suivant les sources), particulièrement cher par rapport au prix des fusées Qassam (800 $). 

D'un autre côté, le choix de n'abattre que les missiles orientés vers des cibles de valeur pourrait un jour se révéler catastrophique.

Ce serait le cas si une amélioration des vecteurs hostiles pouvait leur conférer une trajectoire terminale imprévue. 




Polémique en cours



L'analyse du Professeur Postol (Professeur de Physique au MIT) sur ce sujet a retenu considérablement l'attention des sphères de la défense aérienne des USA, d'autant plus qu'il avait, après la première Guerre du Golf, démontré l'inefficacité du missile Américain Patriot de Raython contre les Scud Irakiens.

Il commence par réfuter l'argument selon lequel les faibles pertes Israéliennes étaient dues à la protection du Dôme de Fer. 

Il l'attribue ce fait positif au système d'alerte et d'abris Israéliens auxquels je me dois d'ajouter le discipline remarquable des citoyens de ce pays.

Cependant, ce n'est pas parce que la charge d'un Tamir explose que celle de sa cible en fait autant.


Une interception prouvée, reconnue et analysée (Fig 14 du document Postol) 


Se fondant alors sur les innombrables photographies publiques ou privées données comme preuves des interceptions par des Tamir, il en valide une seule comme authentique (figure 14 du document cité en tête de paragraphe).

Postol explique que la charge explosive des fusées du Hamas est située à leur proue, tandis que la charge destructrice des Tamir est située plus en arrière de la partie homologue. 

Elle expulse des sous-projectiles métalliques à une vitesse de 2 100 m/s (Mach 7), ce qui leur confère une énergie cinétique considérable.

Le déclenchement du tir est obtenu par la détection du retour de photons lasers de la longueur d'onde émise par le Tamir




Schéma idéal d'interception (Fig 3 du document Postol) 

Même si ces opérations vont très vite, elles prennent quand même du temps au moment où les deux missiles, tous deux très rapides, se croisent.

  • L'impact frontal direct est, par définition, exceptionnellement rare. Mais, dans le cas d'un passage proche suivant une trajectoire colinéaire à celle menant à un impact frontal, l'impact latéral d'un sous-projectile de Tamir sur le corps du missile Qassam est bien plus fréquent. Pourtant, il n'a, en général, aucune chance d'entraîner la détonation de l'engin du Hamas, parce que les trajectoires des sous-projectiles ne croisent quasiment jamais celle de la charge du missile visé. C'est une question de délai.
  • Dans le cas où le Tamir arrive selon une trajectoire orthogonale à celle du Qassam, les sous-projectiles suivent une trajectoire presque subparallèle à celle de ce dernier et ne peuvent pas le détruire.
  • Enfin, une arrivée du Tamir selon une trajectoire colinéaire à celle du Qassam n'a aucune chance de le détruire.

On peut imaginer sans peine que les critiques, à mon avis très constructives, du professeur Postol seront analysées très attentivement par les constructeurs du Dôme de Fer (comme, probablement, par ceux des Qassam).



La riposte des décideurs israéliens


Aussitôt, bien sûr des attaques ont été portées contre cette analyse. 

Elles sont menées surtout par des généraux Israéliens.

A la différence des arguments rationnels de Postol, il s'agit en général d'arguments que je me permettrais de qualifier de politiciens.

Par exemple, le général Uzi Rubin, entièrement impliqué dans le développement de la défense anti-missile Israélienne, de ce fait à la fois juge et parti, critique Postol : "il a examiné des vidéos prises par des smartphones et des caméras de la presse montrant les traces laissées par nos intercepteurs, mais dans lesquels les fusées ennemies restent invisibles. A partir de ces vues très partielles, il a tiré une géométrie d'interception qui convient à sa sous-estimation des performances du Dôme de Fer. Il en sort une estimation intuitive à 5 - 10 % de succès. Ces estimations sont fausses."

L'Institut Israélien des Etudes pour la Sécurité Nationale avait publié une analyse étrangement semblable à celle-ci en ce qu'elle refusait tout crédit à des documents vidéo qui ne seraient pas issus de caméras sophistiquée comme celles utilisées en trajectographie. 

C'est le type de réfutation méprisante des cuistres politiciens. 


Rappel juste destiné à alimenter leur réflexion, si une même interception a été filmée par plusieurs smartphones, la probabilité que ces films soient synchronisés est infinitésimale, les conclusions que l'on peut en tirer ont alors de bonnes chances d'être plus solides que celles issues d'une seule caméra hypersophistiquée.


Des visions différentes


Le Jerusalem Post du 13 Septembre 2014 s'appuie sur un article de 2013 du Dr Faber (malheureusement en Hébreu), expert du domaine, pour exprimer une autre critique, qui concerne l'ensemble du système de missiles anti-missiles Israéliens, chacun d'entre eux étant adapté à un missile ennemi (balistique, tactique ou à courte portée).

En gros, Faber estime que, quelque soit le niveau de la menace, Tsahal peut escompter détruire un tiers des missiles de tous types lancés contre lui.

Mais, pour chaque missile ennemi arrivant, quel que soit son type, il faut lancer au moins 2 intercepteurs.
La note est très salée, largement supérieure à 10 milliards de dollars. 

Une précédente opération militaire Israélienne avait dû se terminer le jour où le stock de fusées Tamir avait été entièrement consommé.

Faber considère que les fusées type Qassam sont justiciables de pièce d'artillerie type Phalanx CWIS, probablement bien moins coûteuses.


La revue Indian Strategic Studies a publié le 4 Août 2014 une étude intéressante où elle montre l'analogie du Dôme de Fer avec notre Ligne Maginot.


On y démontre que le succès des anti-missiles (et ceci concerne à la fois les Patriot de la 1ère Guerre du Golf et le dôme de Fer) est avant tout un succès psychologique pour les populations "protégées" (même si la protection est illusoire). 

En réalité, c'est un immense succès politique.


Conclusion


Les intercepteurs semblent tous conçus de manière assez semblable et ne peuvent pas avoir une efficacité suffisante pour protéger parfaitement ce qu'ils doivent protéger malgré un coût exorbitant.

Une autre approche serait peut-être plus efficace, mais les décideurs, qui appartiennent tous, plus ou moins, à la sphère politique, ne s'y intéressent pas.

Leurs électeurs Israéliens sont plus sensibles à la démonstration quotidienne et concrète que l'on fait quelque chose pour eux, et que cela coûte cher.

C'est donc un moyen d'éviter la paix aussi efficace que les fusée Qassam.





mercredi 3 septembre 2014

Il y a cent ans naissait la Reconnaissance Stratégique


Le 2 Septembre 1914, Louis Bréguet, emmenant comme observateur le lieutenant André Watteau et pilotant un appareil de sa conception (un Bréguet U2,), découvrait l'inflexion de trajectoire de l'armée von Kluck.




Bréguet U2, ancêtre des avions de la reconnaissance stratégique (cela ne s'invente pas !) - Le pilote est à l'arrière -


Les officiers d'état-major (qui connaissaient les ordres de von Moltke à von Kluck) refusèrent de les croire, comme ils le feront encore le 3 Septembre avec les rapports du capitaine Bellenger, qui dirigeait l'aviation de la VI ème armée Française (Maunoury).

Bellenger décida de court-circuiter la voie hiérarchique et alla directement au QG du Général Gallieni qui dirigeait la défense de Paris. Il informa les officiers de liaison de Gallieni et du général Britannique French qui informèrent leurs chefs respectifs.

Gallieni donna alors au général Maunoury l'ordre de se préparer à attaquer sur l'Ourq. 

C'était le début de la Bataille de la Marne, qui fut une victoire stratégique, comme celle de Valmy en 1792.


Il est possible que certains de mes lecteurs me fassent remarquer que ce fut une victoire horriblement coûteuse en hommes, ou, encore, soulignent que nos troupes furent incapables de mener à fond l'exploitation de cette victoire.

Ces remarques seraient tout à fait pertinentes.


Par contre, l'important est que cette victoire a bloqué définitivement la progression de l'armée de Guillaume II qui croyait la victoire à portée de sa main. Elle dut retraiter puis s'enterrer. Même les monstrueuses offensives Allemandes de 1918 ne purent retrouver le chemin de la victoire.

C'est en cela que la victoire de la Marne est stratégique.


Et c'est aussi en cela que la reconnaissance aérienne de Louis Bréguet et André Watteau est une reconnaissance stratégique : En profondeur du dispositif ennemi, elle a permis d'en déceler les intentions.


En Mai 1940, le dispositif choisi par Gamelin (voir ce post) interdisait un tel sursaut, d'autant plus que, cette fois, les Allemands connaissaient notre dispositif et nous rendaient très difficile la réciproque.

Pourtant, comme je l'ai dit dans ce post, nos équipages de reconnaissance avaient vu et prévenu leurs chefs exactement au bon moment...

vendredi 11 juillet 2014

La Fleet Air Arm (Aéronavale) Britannique est-elle vraiment de retour ? (explicité 12 / 07 / 2014)




Le 4 Juillet, date très symbolique pour tout Anglophone


La reine Elisabeth II a baptisé 4 Juillet 2014 le nouveau plus gros navire de la Royal Navy, le porte-avion HMS Queen Elisabeth (à voir sur le site Mer et Marine).    

Ce navire, comme son frère qui suivra bientôt le même chemin, est un navire imposant (280 m de long, 70 m de large et 65 000 tonnes).

Le terme fleuron lui est souvent associé.

Certes, c'est un navire puissant. 

Mais il ne soulève en aucune manière l'admiration, en tout cas pas la mienne.


Il a été baptisé juste le jour de l'Independence Day, ce fameux jour où les USA, aidés par la France, ont proclamé leur indépendance... contre la Grande Bretagne !


Or, le cœur militaire de ce navire, justement, est issu de choix purement US (je veux dire : décidés par le Congrès Américain).

Les avions qui se poseront sur son pont seront Américains de même que les canons qui tenteront de le défendre des agressions à courte distance.



Hors de prix


Le porte-avion Britannique dispose d'une DCA limitée à des canons Phalanx CWIS à courte portée - apparemment inférieure à 6000 m - en plus, bien évidemment, d'un ensemble d'hélicoptères et d'avions.

Les 40 aéronefs embarqués seront soit des hélicoptères, soit une grosse douzaine de Lockheed-Martin F 35 B (celui de l'US Marine Corps).

Oui, vous savez, ces fameux JSF dont le constructeur fait toujours une publicité éhontée mais qui n'a, pour l'instant, rien démontré opérationnellement, presque 15 années après le premier vol du prototype (voir ce post) et qui ont été interdits de vol fin Juin 2014 pour cause d'incendie moteur en plein vol (toujours mal expliqué près de 100 jours plus tard) !

Cette interdiction de vol fut assortie d'une interdiction de taxiing sur les pistes d'aérodrome, ce qui est une première à ma connaissance et un indice d'une inquiétude réelle du motoriste, comme le fut aussi l'envoi d'une maquette grandeur nature du JSF... (voir cet article d'Aviation Week sur le sujet, ainsi que les commentaires qui y sont attachés).


Or, les F 35, de quelque version qu'il s'agisse, ne sont absolument pas capables de conquérir la suprématie aérienne sur qui que ce soit car ils ne possèdent aucune des qualités nécessaires pour y parvenir.

Pire encore, les lois de Lanchester, qui prédisent que le succès au combat va plus facilement vers les armées les plus nombreuses, montrent qu'avec 14 avions, les Britanniques ne risquent pas de dissuader grand monde.


En conséquence, il s'agit d'une sorte de gros Mistral, et absolument pas d'un instrument susceptible d'emporter une décision face à un adversaire de haut niveau.


Toute comparaison avec le Charles de Gaulle - capable, lui, d'imposer sa présence à distance - est donc impossible.

Le groupe aérien n'est pas plus abondant que celui du porte-avions Français, et il ne dispose même pas d'un Hawkeye pour visualiser l'environnement aérien lointain ou volant à basse altitude (pas de catapulte ni de piste oblique).

Donc, nous nous trouvons face à une puissante plate forme anti-sous-marine, un navire apte à envoyer des avions de bombardement à quelques centaines des kilomètres de lui.

Ce n'est pas un navire capable de lutter contre une puissance majeure, même si je suis sûr que les marins Britanniques, grâce à leur considérable expérience, multiplieront les astuces pour en faire un engin efficace.


Un tel engin pouvait impressionner encore dans les années 80, à la fin des guerres coloniales.

Les Britanniques viennent d'acquérir un double Mistral pour le prix de 6 ou 7. 


Voilà une dépense ruineuse qui sera totalement inefficace. 

La Fleet Air Arm reste donc à son statut actuel de force d'appoint pour les USA, ce qui a commencé lorsque le Royaume Uni a abandonné l'avion TSR 2, vecteur de la RAF et non le la Royal Navy, pour sa force de dissuasion. 

Oui, Monsieur Morin, abandonner la dissuasion nucléaire indépendante est un tout.


Maintenant, au moment où Bercy continue de désarmer méthodiquement la France, on constate le démantèlement des puissances militaires en Europe est bien avancé ! 


Nos gouvernants, nos politiciens et nos syndicalistes n'ont aucune conscience de l'importance de notre Souveraineté Nationale.







lundi 7 juillet 2014

Les dures leçons Polonaises (elles expliquent 1939 ...mais, aussi, l'actualité de 2014 !)


La Pologne est un pays extrêmement attachant, qui a beaucoup apporté au monde. 


Elle servit, bien involontairement, de première victime à la puissante Wehrmacht de Hitler pour déclencher SA guerre.

De cette manière, les soldats Allemands, en se confrontant d'emblée à des fantassins très entraînés et d'un courage légendaire, apprirent en trois semaines que les options choisies par leurs chefs étaient terriblement efficaces.


Ils avaient désormais acquis une grande confiance en eux-mêmes comme dans les trois forces qui les soutenaient de manière parfaitement efficace : Les chars de Guderian, les avions de Kesselring et les navires de Raeder.


Le choix d'Hitler d'attaquer ce pays démontrait aussi la qualité de son service de renseignement qui avait su déceler l'ensemble des faiblesses des choix militaires Polonais.


Il confirmait enfin l'efficacité démobilisatrice de ses paroles mielleuses face au premier ministre Britannique Neville Chamberlain à Bad Godesberg puis à Münich en Septembre 1938. 


En agitant le spectre de la guerre en Europe, Hitler avait mis hors jeu la France et la Grande Bretagne tout en désarmant définitivement la Tchécoslovaquie, leur allié le plus solide.


En effet, la puissance militaire Tchécoslovaque eut été bien plus dangereuse pour la Wehrmacht que celle de la Pologne, avec une aviation de chasse trois fois plus nombreuse et considérablement mieux équipée, une puissante artillerie anti-chars, d'excellents chars de combats, mortels à 600 m pour les Panzer I et II, très dangereux pour les excellents Panzer III Allemands qui ne commencèrent à être produits qu'à partir de 1939, après l'annexion de la Bohème-Moravie par le IIIème Reich.


Avant de souligner les impasses désastreuses des décideurs Polonais, dont la première fut d'abandonner la Tchécoslovaquie à Hitler et les autres furent techniques, je vous invite à visiter l'évolution géographique de la Pologne.






Petit rappel d'un lointain passé 



La carte de 1634 que je propose à votre observation attentive a été publiée dans un dictionnaire encyclopédique publié vers 1900, période au cours de laquelle la Pologne n'était plus un état indépendant : Divisée en provinces réparties entre ses ennemis, il était difficile de lui tracer des frontières. 

Alors, par cette carte, l'auteur de l'article avait probablement voulu montrer ce qu'avait été, jadis, le "Grand Royaume de Pologne", ou, plus exactement le Royaume des deux Nations. 

On y voit que la seule frontière facilement défendable de ce royaume était la crête Karpathique au Sud-Ouest face à la Hongrie.

Les autres frontières étaient des plaines rarement bordées de lignes d'eau, sauf dans la partie Sud de l'actuel Ukraine.

Cette Pologne, associée au Duché de Lituanie, avait combattu en permanence et de tous côté, s'étalant surtout au Sud et à l'Est, au détriment de la Russie. 


La nécessité permanente de combattre avait fini par forger de très fortes vertus militaires au sein des populations de ce royaume, parmi les plus belliqueues qui soient.


La pratique politique y était plutôt démocratique. 


Mais la notion d'intérêt national touchait peu les hobereaux aux ego surdimensionnés (comportement qui n'est propre ni à la Pologne ni au passé).






Collection  personnelle de l'auteur. Carte de la Pologne en 1634 ! La Russie y est baptisée Tzarat de Moscovie





Les appétits de l'Empire Ottoman, de l'Empire Austro-Hongrois (que la Pologne avait pourtant largement contribué à sauver des Turcs peu avant), de l'Empire Russe et même du Royaume de Suède, avaient largement profité des divisions suicidaires créés par les clans internes au système étatique Polonais. 


Ainsi, les cosaques Ukrainiens s'étaient alliés aux Russes, ce qui eut et a encore, aujourd'hui, des répercussions considérables (les cosaques du Don se russifièrent complètement, tandis que les cosaques Zaporogues choisirent, pour la plupart, une direction opposée...).

En 1795, la Pologne avait donc disparu des cartes de Géographie, malgré de nombreux soulèvements, tous réprimés dans le sang.  











Au XIXème siècle, la Pologne n'était plus qu'une province de la Russie (sur ce site Larousse : Allemagne, Histoire, chap. 5)




En 1916, un simulacre d'octroi d'indépendance Polonaise fut imaginé par les Empires Centraux (Allemagne de Guillaume II et Autriche Hongrie de François-Joseph). 

Mais ce n'était qu'une duperie destinée à transformer les soldats Polonais en chaire à canon anti-Russe pour masser les troupes Allemandes sur le front Français. 


Cette manœuvre répugnante échoua.


La Pologne, dont Pilsudki avait proclamé l'indépendance le 11 Novembre 1918, fut pourtant heureusement ressuscitée par le traité de Versailles en 1919. 


Hélas, le président Américain Woodrow Wilson ne s'occupait en réalité ni des nations ni des peuples. 


Il écoutait uniquement les groupes nationalistes, avec l'idée majeure de faire de leurs pays d'éternels clients des USA.


Il prétendait - à l'imitation du chancelier Prussien Bismarck - que les nationalités devaient reposer seulement sur la nature de la langue parlée (ce qui aurait - en bonne logique - dû faire des USA un morceau de l'Angleterre !). 



L'application irréfléchie de cette théorie fut défavorable à la Pologne. 


L'enclavement de la Prusse Orientale et le refus de reconnaître Dantzig comme ville Polonaise ouvrait la porte aux contestations de tout maître d'une Allemagne expansionniste.


L'allumette destinée à déclencher la Seconde Guerre Mondiale était donc en place.



Pourtant, la première agression que la Pologne dû subir vint de l'URSS de 1920 qui voulait en faire un état bolchevique.


Les Polonais ne partageaient aucune des idées de Lénine. 


Ils n'entendaient surtout pas devenir une province marxiste de l'URSS. 


Ils voulaient simplement retrouver leur souveraineté perdue au 18 ème siècle. 


Il est facile de les comprendre.

Ils résistèrent donc brillamment, 
avec le soutien des Alliés victorieux de l'Allemagne, aux troupes du Général Mikhaïl Toukhatchevski . 


Ce fut à ce moment là que le Maréchal Pilsudski, victorieux des Bolchéviques, devint, de fait, le maître de la Pologne, jusqu'à sa mort en 1935.


Pendant tout son "règne", Pilsudski tenta à la fois de réunir les pays Baltes, la Pologne et la Biélorussie dans un ensemble stable apte à résister à l'URSS comme à l'Allemagne. 


Il finança largement les divers mouvements indépendantistes (en particulier Ukrainiens).


Malheureusement pour son pays, il avait fait sanctuariser l'infanterie et la cavalerie parce qu'elles lui avaient permis de l'emporter en 1920.


Comme en France, elles drainaient beaucoup trop d'argent au détriment des armes modernes qu'étaient clairement les blindés et l'Aviation, cette dernière étant cantonnée au taux ridiculement faible de 2% du budget militaire !








La Pologne du traité de Versailles (Wikipedia)



La Pologne du traité de Versailles, hélas, disparut de nouveau sous les coups associés de Hitler et de Staline en 1939.


Parmi les membres de l'élite Polonaise qui étaient restés dans leur pays, 25000 furent assassinés, notamment à Katyn, par le NKVD de Beria sur ordre de Staline.


La Pologne, telle que nous la connaissons, fut redessinée en 1945 par Staline à Yalta avec la bénédiction totale de Roosevelt. 


Cela s'accompagna de transfert de populations pour éviter tout irrédentisme (du genre de celui des Sudètes de Tchécoslovaquie pour se rattacher à l'Allemagne en 1938). 


Même si cette solution était brutale, elle avait le mérite de régler les éventuels mécanismes qui pourrissent la vie des pays Balkaniques, lorsque les différentes communautés refusaient totalement de vivre ensemble.








La Pologne de 1945, est la partie blanche augmentée des parties roses mais diminuée de la partie grise (Wikipedia)





Les Polonais y ont vu, à tort, l'intervention de la Russie, oubliant que le Géorgien Josef Dougachvilli (Staline) n'avait aucune considération ni pour la Russie, ni pour son peuple, pas plus que pour aucun autre peuple au monde. 

Seul son propre pouvoir l'intéressait.



Les moyens de l'aviation Polonaise en 1939




La chasse



Avant le XX ème siècle, l'arme la plus rapide était la cavalerie et les Polonais avaient d'excellents cavaliers que Russes et Allemands avaient appris à respecter. 

La 1ère Guerre Mondiale s'était terminée, je le rappelle à tout hasard, sur le triomphe des chars et des avions.


Étonnement, la vaste Pologne s'était peu intéressée aux chars et aux avions. 


Pour autant, elle ne manquait pas de pilotes, ce qui aurait pu lui permettre une rapide montée en puissance.


En 1934, elle disposait d'un bon chasseur pour l'époque, le PZL 11, assez peu puissant, mais léger, doté de très bonnes capacités manœuvrières et d'une bonne vitesse de montée.


L'avion était intégralement métallique, ce qui lui conférait un état de surface bien supérieur à celui des productions contemporaines.


Il atteignait, au moment de sa livraison, 370 km/h en altitude tout en gardant une vitesse minimale de 110 km/h, excellente vu l'absence de volets (le Dewoitine 500, contemporain, se posait à 125 km/h). 









Toutefois, même si sa vitesse de montée à 5000 m en 6 minutes était très bonne, son plafond pratique ne dépassait pas 8 000 m, ce qui était pain béni pour les avions de reconnaissance Allemands et Russes qui passaient au dessus.


De plus, son armement était de 2 mitrailleuses de 7.92 mm était, semble-t-il, sujet à des enrayages fréquents.


Un doublement de cet armement fut tardivement réalisé sur le tiers des avions existants avec des mitrailleuses plus fiables.



En 1939, la Pologne possédait encore 110 exemplaires du modèle C (que je viens de décrire), 20 exemplaires du modèle A, plus ancien et plus lent de 40 km/h (lors de la livraison...) et une trentaine d'avions en réparation.


A cela, se rajoutaient 30 PZL 7 très usés qui ne devaient, alors, même pas dépasser les 300 km/h.



Pourtant, dès 1936, les avionneurs Polonais avaient compris que leurs chasseurs étaient complètement archaïques et tentèrent d'en fabriquer de plus modernes. 


Le projet choisi tardant à se concrétiser, le gouvernement tenta une re-motorisation du PZL 11 C en PZL 11 G qui pouvait passer les 390 km/h, ce qui ne changeait pas vraiment les données tactiques, il s'en fallait de 160 km/h ! 


En plus, cette décision fut trop tardive pour être réalisée : Un seul exemplaire semble avoir pu être employé opérationnellement !



Cette décision était, en elle-même, stupéfiante, car la Pologne avait, dans le même temps,construit et vendu pour l'exportation de nombreux exemplaires d'un dérivé bien plus performant de cet avion, le PZL 24.

Cet engin reçut successivement 3 versions du moteur Gnome et Rhône K 14. 









La vitesse de pointe de ce chasseur atteignait 430 km/h avec le moteur le plus puissant.


Le plafond dépassait 10 000 m.


Pour je ne sais quelle raison, sans aucun doute restée secrète, cet avion ne fut pas commandé en grande série par les Polonais (même si l'Histoire de l'Aviation publiée par René Chambe en 1960 contenait une superbe aquarelle de Paul Lengellée illustrant un combat le montrant en combat en1939 !).


Ce chasseur, pourtant, eut été capable de modifier sérieusement la balance des forces aériennes en faveur de son pays d'origine dès le 1er Septembre 1939 : Il pouvait courser les bombardiers Allemands (ou Soviétiques) et offrait une toute autre capacité défensive face aux Messerschmitt Bf 109.


En effet, les Bf 109 des séries antérieures à la série E, en nombre encore important en Septembre 1939, n'avaient qu'un faible avantage de vitesse horizontale et montaient moins vite et moins haut.




Lorsque les Polonais comprirent en 1936 (avec 2 ans de retard) que le temps des ailes hautes haubanées et des trains fixes étaient révolus, le constructeur PZL décida de changer son fusil d'épaule de manière radicale et commença à élaborer un nouvel avion, le PZL 50. 





PZL 50 - Version I



Cet avion montrait clairement l'influence du P 35 Américain, qui était loin d'être un succès. 

Cette version vola en 1938 mais ne réussit pas à dépasser 440 km/h. 

L'engin n'était pas très manœuvrant aux dires de ses pilotes d'essai. 

Peut-être était-il seulement inhabituellement lourd aux commandes ? Sa masse de 50 % plus lourde que celle des chasseurs qu'il était censé remplacer pourrait en être l'explication.

De plus, il grimpait très lentement (plus lentement encore que le Morane 406 !) et ne dépassait pas un plafond pratique de 7000 m !

Il suffit de regarder la photo ci-dessus pour comprendre que les fées de l'aérodynamisme n'avaient pas visité son berceau.


Le dessin du fuselage fut entièrement repris pour aboutir à quelque chose de proche du Bloch 151. 

Mais ce fut trop tard : La guerre venait de commencer. 




L'initiative Roumaine, l'autre approche du problème en partant du même point :  

La Roumanie avait acheté des PZL 11 à la Pologne puis en avait aussi acheté la licence de fabrication de son successeur PZL 24. 

Mais les Roumains avaient bien analysé l'évolution technique des chasseurs dans le monde. 

Ils avaient donc décidé de construire un dérivé du PZL 24 à aile basse, volets de courbures et train rétractable, qu'ils baptisèrent IAR 80. 

Le fuselage, depuis le poste de pilotage jusqu'à l'extrémité arrière, est quasi-identique à celui de son ancêtre. 

Le moteur avait été avancé par rapport à la voilure et un réservoir de plus grande taille avait été monté.

Le capot moteur nettement mieux profilé cachait le même moteur que le PZL 24, un Gnome et Rhône de 930 Cv produit sous licence en Pologne.

L'habitacle, bien dessiné, avait des point communs avec celui du Spitfire, mais n'assurait pas, cependant, une vision à 360°.






IAR 80  -  On a du mal à imaginer que ce chasseur très fin fut un dérivé direct du PZL 24



Le prototype en vola en Avril 1939, atteignit une vitesse de 510 km, un plafond de plus de 10 000 m et montait à 5 000 m en 6 minutes.

Facile à piloter, il était aussi très maniable. 

Il fut commandé en série.

Si Roumains et Polonais avaient unis leurs efforts, cet avion serait sorti plus tôt et aurait apporté à l'aviation Polonaise une capacité de nuisance bien supérieure face aux Allemands. 



Le bombardement


Les bombardiers Polonais étaient, eux aussi, peu nombreux.


Le plus nombreux fut le PZL 23 Karas, monomoteur triplace employé autant pour le bombardement que pour la reconnaissance.


La conception était "moderne" pour l'époque, mais le gros train fixe, la gondole inférieure taillée à coup de serpe et l'ouverture gigantesque destinée au mitrailleur lui mangeait certainement une bonne quantité de vitesse tout en induisant de sérieux problèmes de pilotage. 








PZL 23 Karas


Le moteur Bristol développait ~700 Cv


La vitesse de pointe atteignait 320 km/h à 3 650 m d'altitude et l'autonomie dépassait 1 200 km.


Cet avion montait à 2 000 m en 5 minutes et à 4 000 m en 15 minutes.


L'avion, peu maniable, avait des caractéristiques de vol dangereuses à grande vitesse (il est dit que la vitesse de pointe de 320 km/h était la limite à ne dépasser sous aucun prétexte).


La charge de bombe atteignait 700 kg.

Sur les 210 exemplaires construits, ~120 restaient opérationnels en unité au 1er Septembre 1939 (on peut s'étonner que 75 aient été conservés dans les écoles).




Un dérivé plus puissant, le PZL 43, fut construit pour la Bulgarie avec un moteur Gnome et Rhône de 980 Cv. 







PZL 43 A Bulgare


Ce moteur plus lourd nécessita un allongement du fuselage qui se révéla bénéfique pour les qualités de vol.


Un peu plus lourd, il atteignait 365 km/h à 4 000 m et montait nettement plus vite et plus haut.


Le manque de lucidité des hauts responsables Polonais fit que les 36 premiers exemplaires construits furent livrés à la Bulgarie dans les mois qui précédèrent immédiatement la guerre, alors que l'Aviation Polonaise avait demandé leur réquisition...




Le meilleur de tous les avions Polonais fut le PZL 37 Los (Elan), un bombardier bimoteur de la classe des B 4 français.


C'était un avion de moins de 5 tonnes de masse à vide et de 9 tonnes de masse au décollage.


Le profilage en était soigné, sauf pour les capots-moteurs.


La voilure de 54 m² assurait une bonne portance puisque ce bombardier pouvait emporter jusqu'à 2 500 kg de bombes pour des missions totalisant 1 500 km ou un peu moins de 1 800 kg de bombes sur 2 600 km.


Il avait sacrifié à la mode des empennages bi-dérives, qui provoquèrent huit crash (!).





PZL 37 Los



Par contre, l'avion avait un armement réduit à juste 3 mitrailleuses de petit calibre, ce qui était très insuffisant.


La vitesse de pointe était de 445 km/h à 3 400 m avec un moteur Bristol Pegasus XX de 910 Cv. 


Le plafond pratique était inférieur à 6 000 m.


Bien que 92 exemplaires de cette variante, dite B, aient été construits, moins de 50 furent utilisés opérationnellement.


Avec le moteur Gnome et Rhône 14 N 21 de 1 030 Cv à 4 600 m, la vitesse passait à 460 km/h et le plafond pratique gagnait 2 000 m. 


Contrepartie logique de l'augmentation de puissance, l'autonomie ne dépassait plus alors les 1600 km.


Mais cette version prometteuse n'eut pas le temps d'être produite en série.




L'Aviation Polonaise en action


L'Aviation Polonaise (Lotnictwo Wojskowe) est entrée en guerre avec un peu plus de 310 avions opérationnels. 


La Luftwaffe, pour sa part, disposait de 1500 avions dont 500 chasseurs et 300 Junkers 87 Stuka.


La DCA Polonaise comptait seulement 500 pièces (pour mémoire, la DCA Française, dont l'insuffisance fut évidente, en comptait 4300 !).


Les Polonais eurent au moins une grande satisfaction au début de la Campagne de Pologne : A la différence de ce que connurent les Alliés à l'Ouest en 1940, ils souffrirent peu des bombardements systématiques des aérodromes par les Allemands.


C'était parce qu'ils avaient évacué les aérodromes habituels et installé leurs avions dans des aérodromes secrets parfaitement camouflés.


Ce fut efficace et explique la présence active de l'Aviation Polonaise pendant une bonne partie de la Campagne.



Il faut rappeler que la partie invasive proprement dite de l'offensive Allemande dura juste 18 jours, même si de multiples actions de résistance la prolongèrent jusqu'à la fin de la première semaine d'Octobre 1939.


L'entrée de l'Armée soviétique en Pologne ayant commencée le 17 Septembre 1939, il est facile de voir que cette invasion sur les arrières a été décisive pour achever la Pologne.



Sur l'ensemble de la campagne, les Polonais revendiquèrent plus de 250 avions Allemands abattus, ce qui correspond aux documents Allemands des pertes en combat. 


Les PZL 11 C ont épinglé 110 victoires aériennes pour des pertes de l'ordre de 100 avions, toutes causes confondues. 




Les bombardiers Polonais, de quelque types qu'ils fussent, volèrent très souvent mais bien évidemment sans escorte sérieuse.

En effet, lorsque vous avez très peu de chasseurs, vous êtes confronté à plusieurs nécessités indépendantes :


  • La protection de vos forces armées face aux avions de bombardement ennemis. 
  • La protection de votre population, de vos voies de communications et de vos organes de commandement (ce qui n'a rien à voir avec le problème précédent).
  • La protection de vos propres avions de reconnaissance et de bombardement.


Là-dessus, quand l'ennemi :
  • met en oeuvre 5 fois plus de chasseurs que vous, 
  • que tous ces chasseurs sont considérablement mieux armés et plus rapide que les vôtres, 
  • que ses bombardiers peuvent laisser sur place vos chasseurs, 
sa maîtrise de l'air est indiscutable dès la fin du premier jour !



Les PZL 23 Karas furent lancés au combat à la fois pour la reconnaissance (devenue rapidement offensive) et pour le bombardement. Environ 120 furent employés. 


Il est dit (Wikipedia en langue Anglaise) que 110 autres Karas étaient employés en école, mis en réserve ou en cours de réparation.


La même source dit aussi que 23 exemplaires furent perdus avant guerre sur des crash et que le total de la production fut de 250, en dehors des 3 prototypes.



Un Karas isolé attaqua même, le 2 Septembre 1939, une usine Allemande dans la ville Silésienne de Ohlau (devenue Olawa en 1945). Ce fut cet avion qui lança les premières bombes sur le territoire du IIIème Reich.

La brigade de bombardement Polonaise comptait 50 Karas qui attaquèrent les colonnes blindées Allemandes sans escorte et à basse altitude. 


Ils furent rapidement imités par les 70 Karas de reconnaissance.


Au total, ils auraient lancé de 64 à 72 tonnes de bombes.


La lenteur et le manque de maniabilité de ces avions, comme leur conditions d'emploi expliquent un bilan très sombre, avec la pertes de 120 avions. 


Vingt et un exemplaires survécurent à cette bataille en se réfugiant en Roumanie.




Entre le 1er et le 16 Septembre, les 46 PZL 37 Los agirent essentiellement par groupes de seulement 3 avions, pratique inefficace - faible capacité d'autodéfense, voir ce post - mais fréquente chez les Alliés à cette époque.


Ils attaquèrent courageusement les concentrations de troupes Allemandes et aucune cible en Allemagne, alors que cette mission lui était promise depuis le début et qu'il y eut été bien plus à l'aise que des Karas.


Ces bombardiers réussirent à délivrer 110 tonnes de bombes à l'ennemi, ce qui n'était pas ridicule du tout, surtout si on tient compte du fait que la charge maximale de bombes emmenée depuis les aérodromes secrets (=opérationnels) passait de 2500 kg à 800 kg. 

Les pertes en PZL 37 directement dues à l'ennemi pendant les combats furent de l'ordre de 15 avions, dont 10 par la Chasse Allemande. 


A cela s'ajoutent 20 avions détruits au sol.


Parmi ces derniers, 18 appartenaient aux réserves et dormaient gentiment sur un parking ! 


Ce souci de garder de grosses réserves, général chez les Alliés et stigmate de la Grande Guerre, était ridicule : Mieux vaut toujours faire combattre les avions que de les perdre inutilement au sol. 



Vingt-six de ces bombardiers Los se réfugièrent en Roumanie, nombre supérieur à celui des Karas qui purent en faire autant. 


Comme l'effectif des Karas produits est double de celui des Los, cela illustre parfaitement la meilleure capacité de survie de ces derniers, ce qui était prévisible au vu de leurs performances et de leur fiabilité supérieures .




Conclusion


La défaite Polonaise fut, d'abord, une défaite de son infanterie et de son artillerie. 

Elle découlait, entre autre, de son infériorité en puissance de feu (de l'ordre de 1 à 5 pour l'artillerie).

A l'image de la défaite des Alliés en Juin 1940, elle est bien sûr une défaite du commandement.

Mais l'aviation Polonaise était ridiculement sous-développée en terme d'effectifs et de performances.


Du coup, la chasse fut quasiment absente de la bataille - par manque d'avions - alors que le niveau de ses pilotes était excellent, comme l'ont démontré le palmarès du groupe de chasse I/145 Varsovie puis l'ensemble des Polish squadrons de la RAF.



On ne peut pas, cependant, exonérer feu le ministre des affaires étrangère Polonais, le colonel Beck, de ce désastre. 


En trahissant la Tchéco-Slovaquie en 1938, il tuait un allié solide et bien armé.